« Un toit plat, ça fuit. » « Un toit en pente, c'est vieillot. » Deux idées reçues qui résument mal un vrai choix. Un toit plat bien construit tient trente à quarante ans sans problème et permet une terrasse ou une toiture végétalisée ; un toit en pente coûte souvent moins cher, dure plus longtemps et offre des combles. Le climat romand, avec ses hivers neigeux en altitude et ses étés de plus en plus chauds, pèse dans la balance. Voici les critères, chiffrés.

Carminati Architecture, bureau basé à Delémont, conçoit les deux types de toiture dans toute la Suisse romande, selon les sites, les règlements et les envies.

Le comparatif

CritèreToit platToit en pente (tuiles, 30 à 45°)
Coût au m² de toiture, isolation comprise250 à 400 CHF200 à 350 CHF
Durée de vie de l'étanchéité ou de la couverture30 à 40 ans (bitume, EPDM, PVC)50 à 80 ans (tuiles), 40 à 60 ans (métal)
EntretienContrôle annuel des écoulements, nettoyageContrôle tous les 2 à 3 ans, remplacement de tuiles
NeigeSurcharge à dimensionner, fonte lente, pas de chuteÉvacuation naturelle, arrêts de neige nécessaires
Usage du toitTerrasse, végétalisation, solaire orientableCombles habitables ou perdus
Confort d'étéBon avec végétalisation, moyen sinonBon avec combles ventilés, lame d'air
Hauteur du bâtimentCompacte, un niveau de plus possible à hauteur égaleLe faîte consomme de la hauteur réglementaire
Acceptation communaleRefusé ou limité dans certaines zonesAdmis presque partout, parfois imposé

Le toit plat, bien fait

Un toit plat n'est jamais plat : il a une pente de 1,5 à 2 % vers des écoulements, avec des trop-pleins de sécurité. L'étanchéité, en lés bitumineux bicouches, en membrane EPDM ou PVC, se pose sur une isolation de 20 à 30 centimètres, elle-même sur un pare-vapeur. Une protection, gravier, dalles sur plots ou substrat végétal, la met à l'abri des UV et des chocs et double sa durée de vie. Les points sensibles sont les relevés en périphérie et autour des sorties, où se produisent la plupart des fuites, et les écoulements, à contrôler chaque automne. Bien conçu et bien entretenu, un toit plat est fiable ; les mauvaises réputations viennent des toits des années 60 à 80, mal isolés et sans protection.

Le toit en pente, valeur sûre

Une charpente en bois, une isolation entre et sur chevrons, une sous-couverture, une lame d'air ventilée et des tuiles ou une couverture métallique : c'est le système le plus éprouvé et le plus durable. Il offre des combles, aménageables si la pente dépasse 35 degrés et si le règlement le permet, ou un volume de rangement, et une réserve de surface décrite dans notre article sur l'aménagement des combles. Il abrite les façades grâce aux débords, un avantage majeur pour la durabilité des enduits et du bois. Sa contrainte : la hauteur du faîte qui consomme de la hauteur réglementaire, et un volume parfois moins efficace pour l'indice.

La neige

En Suisse romande, la charge de neige de calcul va de 90 kilos par mètre carré en plaine à plus de 400 kilos au-dessus de 1 000 mètres. Un toit plat doit être dimensionné pour cette charge, et ses écoulements protégés du gel. Un toit en pente évacue la neige, ce qui impose des arrêts de neige au-dessus des entrées et des places de parc pour éviter les avalanches de toit. En altitude, le toit en pente à faible inclinaison, 20 à 30 degrés, avec couverture métallique, est le standard des chalets, qui gardent la neige comme isolant.

Le solaire et la végétalisation

Sur un toit plat, les panneaux solaires s'orientent librement, souvent en est-ouest pour une production étalée, sur des supports lestés, sans percer l'étanchéité. La végétalisation extensive, 8 à 15 centimètres de substrat et de sédums, protège l'étanchéité, retient l'eau de pluie et rafraîchit le bâtiment en été ; notre article sur la toiture végétalisée la détaille. Sur un toit en pente, les panneaux suivent le pan, idéal au sud à 30 degrés, en surimposition ou intégrés à la couverture, comme expliqué dans notre article sur les panneaux solaires et le permis.

Le règlement communal

Beaucoup de communes romandes imposent le toit en pente dans les zones de village et les centres, avec des pentes et des matériaux définis, et laissent le choix en zone villa ou en zone de développement. Certaines exigent la végétalisation des toits plats. Vérifiez avant de dessiner : un projet à toit plat dans une zone qui l'interdit ne passera pas, quelle que soit sa qualité.

À retenir

  • Toit plat : 10 à 20 % plus cher, 30 à 40 ans d'étanchéité, terrasse et végétalisation possibles.
  • Toit en pente : moins cher, 50 ans et plus, combles, façades abritées, accepté partout.
  • Neige en altitude et règlement communal tranchent souvent avant le goût.

Questions fréquentes

Un toit plat peut-il devenir une terrasse ?

Oui, s'il est conçu pour : structure dimensionnée pour la charge, étanchéité protégée par des dalles sur plots, garde-corps, accès. La surface peut compter dans l'indice selon le règlement.

Faut-il isoler davantage un toit plat ?

Il exige les mêmes valeurs U qu'un toit en pente, mais l'isolant, posé en panneaux rigides, est plus cher au centimètre. La toiture chaude compacte, avec isolant sur pare-vapeur, est la seule solution fiable ; les toits froids ventilés sont à proscrire en plat.

Quel toit pour une extension ?

Le toit plat s'impose souvent pour une extension au rez, afin de ne pas gêner les fenêtres de l'étage, et se marie bien avec un toit en pente existant. C'est le cas le plus fréquent dans nos projets d'agrandissement.

Vous avez un projet de ce type ? Parlons-en lors d'un échange court et sans engagement.

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