La piscine naturelle remplace le chlore par un écosystème : une zone de baignade et une zone de régénération plantée, où bactéries, plantes et substrat filtrent l'eau. Le résultat est un bassin qui s'intègre au jardin, une eau douce pour la peau, et un entretien différent, pas moindre. Elle coûte autant qu'une piscine classique, parfois plus, et demande de la place. Voici comment elle fonctionne, ce qu'elle coûte et à qui elle convient, en Suisse romande où le climat lui va bien.
Carminati Architecture, bureau basé à Delémont, intègre des piscines naturelles dans les aménagements extérieurs de projets en Suisse romande, en collaboration avec des constructeurs spécialisés.
Comment ça marche
Le bassin se divise en deux zones. La zone de baignade, profonde de 1,50 à 2 mètres, aux parois en membrane, en béton ou en bois, sans plantes. La zone de régénération, peu profonde, remplie de graviers et plantée de végétaux aquatiques, roseaux, iris, nénuphars, où l'eau circule lentement grâce à une pompe à faible consommation. Les bactéries fixées sur le substrat et les racines consomment les nutriments qui nourriraient les algues ; les plantes absorbent le reste. Une écumeuse de surface retire les feuilles. Selon le type, la zone de régénération représente 30 à 100 % de la surface de baignade. Les biopiscines les plus récentes réduisent cette zone grâce à des filtres biologiques compacts et un skimmer, avec une eau plus claire et une allure plus proche de la piscine.
Le comparatif avec la piscine classique
| Critère | Piscine naturelle | Piscine au chlore ou au sel |
|---|---|---|
| Coût pour 40 m² de baignade | 80 000 à 150 000 CHF, avec zone de régénération | 60 000 à 120 000 CHF |
| Surface totale nécessaire | 60 à 100 m² | 45 à 60 m² |
| Produits chimiques | Aucun | Chlore ou électrolyse au sel, régulation du pH |
| Consommation électrique | Faible, pompe de 50 à 150 W en continu | Moyenne, pompe de filtration 500 à 1 000 W plusieurs heures par jour |
| Entretien | Taille des plantes, retrait des feuilles, nettoyage des parois, 3 à 5 h par mois en saison | Contrôle chimique, nettoyage, hivernage, 2 à 4 h par mois |
| Aspect de l'eau | Claire mais teintée, faune aquatique présente | Cristalline |
| Température | Suit l'air, non chauffée en général | Chauffable |
| Vidange | Jamais | Partielle, rejet réglementé |
| Hiver | Reste en eau, gèle, sert d'étang | Hivernage, couverture |
À qui elle convient
Aux propriétaires qui ont un grand jardin et qui apprécient un plan d'eau vivant toute l'année, avec ses libellules et ses grenouilles, plus qu'un bassin turquoise. À ceux qui refusent le chlore pour des raisons de peau ou d'écologie. À ceux qui ne veulent pas de vidange ni de produits. Elle convient moins aux familles qui attendent une eau chaude et parfaitement claire, à ceux qui veulent chauffer le bassin, ou aux petits jardins. Sa température, celle d'un étang, atteint 22 à 26 degrés en été en plaine romande, moins en altitude ; un chauffage solaire est possible mais favorise les algues.
L'entretien réel
La biopiscine n'est pas sans entretien, elle a un entretien de jardinier plutôt que de chimiste : retirer les feuilles et le pollen à l'épuisette ou par l'écumeuse, nettoyer les parois et le fond de la zone de baignade avec un robot ou une brosse, tailler les plantes en automne et retirer la biomasse morte, vérifier la pompe et le skimmer. Les deux premières années, le temps que l'équilibre s'installe, l'eau peut verdir ponctuellement. Une zone de régénération bien dimensionnée et un bassin à l'ombre partielle limitent les algues. Un contrat d'entretien avec le constructeur coûte 1 500 à 3 000 CHF par an.
Le permis
Une piscine naturelle est une piscine au regard du règlement : autorisation de construire, souvent simplifiée, distances aux limites, indice de surfaces imperméabilisées, sécurité. Elle a un avantage sur l'évacuation des eaux, puisqu'il n'y a ni vidange ni rejet chimique, ce que certaines communes apprécient. Elle est parfois admise plus facilement hors zone à bâtir, comme étang de baignade lié à une habitation, mais cela reste au cas par cas. Notre article sur la piscine privée et le permis détaille la procédure et les exigences de sécurité, qui s'appliquent aussi.
La conception
La biopiscine se dessine avec le jardin : la zone de régénération devient un massif aquatique, le bassin un plan d'eau vers lequel la terrasse descend, avec un ponton en bois ou des marches en pierre. Une exposition ensoleillée pour la baignade et partiellement ombragée pour limiter les algues, loin des arbres à feuilles caduques qui la rempliraient en automne. Un accès pour l'engin de terrassement et une place pour stocker les terres. Notre article sur l'aménagement du jardin situe le bassin dans le plan d'ensemble.
À retenir
- Filtration par plantes et bactéries, sans chlore, eau douce, bassin vivant toute l'année.
- 80 000 à 150 000 CHF, 60 à 100 m² au sol, eau à la température de l'air.
- Entretien de jardinier, permis comme une piscine, pas de vidange ni de rejet.
Questions fréquentes
L'eau d'une piscine naturelle est-elle saine ?
Oui, elle respecte les exigences bactériologiques des eaux de baignade naturelles lorsque le système est bien dimensionné. Les biopiscines publiques suisses en témoignent. Elle n'est pas potable et contient une faune, ce qui est normal.
Peut-on convertir une piscine classique en naturelle ?
Souvent, en ajoutant une zone de régénération à côté ou un filtre biologique, et en supprimant les produits. Le bassin existant devient la zone de baignade. Comptez 30 000 à 60 000 CHF.
Attire-t-elle les moustiques ?
Non : une eau en mouvement, peuplée de larves de libellules et parfois de petits poissons, est un milieu défavorable aux moustiques, contrairement à une eau stagnante.
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