L'éclairage extérieur remplit trois fonctions : voir où l'on marche, rentrer chez soi en sécurité, et profiter du jardin le soir. Il en remplit souvent une quatrième, involontaire : éclairer le ciel, les chambres des voisins et les insectes. Les cantons et les communes romandes encadrent désormais la pollution lumineuse, et un bon éclairage extérieur est de toute façon discret, bas, chaud et commandé intelligemment. Voici comment le concevoir, et le câblage à prévoir avant que les terrassiers ne referment les tranchées.
Carminati Architecture, bureau basé à Delémont, intègre l'éclairage extérieur au plan des aménagements et au schéma électrique des projets qu'il conçoit en Suisse romande.
Les trois zones
| Zone | Fonction | Luminaires | Commande |
|---|---|---|---|
| Accès, place de parc, chemin d'entrée | Sécurité, orientation | Bornes basses de 40 à 90 cm, encastrés de sol le long du chemin, applique à la porte | Détecteur de présence et crépusculaire, extinction automatique |
| Entrée et façade | Accueil, identification | Applique à faisceau descendant, éclairage du numéro, sonnette éclairée | Crépusculaire jusqu'à une heure fixe, puis détecteur |
| Terrasse et jardin | Ambiance, usage du soir | Appliques basses, spots sur un arbre, guirlandes, lanternes à poser, ruban sous le banc | Interrupteur et variateur depuis le séjour, prises commandées |
Les principes
Bas plutôt que haut : un luminaire à 50 centimètres éclaire le chemin sans éblouir ni éclairer le ciel ; un projecteur à 3 mètres fait l'inverse. Descendant plutôt que diffusant : le faisceau dirigé vers le sol, avec un luminaire dont la source n'est pas visible. Chaud plutôt que froid : 2 700 kelvins, ambré si possible, qui préserve la vision nocturne et attire moins les insectes ; jamais de blanc froid dehors. Peu plutôt que beaucoup : quelques points bien placés valent mieux qu'un jardin uniformément éclairé, et le contraste entre zones éclairées et zones sombres crée la profondeur. Et commandé : rien ne reste allumé toute la nuit sans raison.
La pollution lumineuse et les règles
Le droit fédéral de l'environnement protège contre les émissions lumineuses excessives, et les cantons romands, ainsi que de nombreuses communes, ont adopté des règles : extinction ou réduction de l'éclairage privé entre 22 heures ou minuit et 6 heures, interdiction des projecteurs dirigés vers le ciel ou les propriétés voisines, limitation de la température de couleur, protection des zones naturelles. Un voisin gêné par un projecteur qui éclaire sa chambre peut exiger sa modification. Le respect de ces règles se fait naturellement avec des luminaires bas, dirigés vers le sol et commandés par détecteurs.
Le câblage à prévoir
C'est le point que l'on regrette toujours : une fois les extérieurs terminés, tirer un câble jusqu'au fond du jardin implique une tranchée. Prévoir dès les terrassements, depuis le tableau électrique, une gaine vers l'accès et la place de parc, une vers la terrasse avec plusieurs prises étanches, une vers le fond du jardin et une vers l'abri ou la piscine, avec un tube de réserve. Les circuits extérieurs sont protégés par un différentiel 30 milliampères, avec des câbles enterrés à 60 centimètres sous grillage avertisseur. Coût à la construction : 1 500 à 4 000 CHF ; après coup : trois à cinq fois plus. Notre article sur l'aménagement du jardin place ces réseaux dans le plan.
Les luminaires
Des bornes et appliques en aluminium thermolaqué, en inox ou en laiton, indice de protection IP65 au minimum, avec des LED remplaçables ou des modules garantis. Des encastrés de sol carrossables sur les accès, mais avec parcimonie, car ils éblouissent facilement et s'encrassent. Des spots orientables sur piquet pour éclairer un arbre ou un mur depuis le bas, en faisceau étroit. Des luminaires solaires uniquement pour les guirlandes et les balises décoratives, leur puissance restant faible. Comptez 150 à 600 CHF par luminaire de qualité, et 3 000 à 10 000 CHF pour une villa complète, pose comprise.
La commande
Un interrupteur crépusculaire allume l'entrée et l'accès à la tombée de la nuit ; un programmateur les éteint à l'heure fixée par la commune ; un détecteur de présence les rallume au passage, sur les accès et le portail. La terrasse et le jardin s'allument depuis le séjour, avec un variateur, et depuis la terrasse elle-même. Une commande centralisée « tout éteindre » près du lit est un confort apprécié. Ces fonctions s'intègrent à la domotique décrite dans notre article sur la domotique, mais des relais simples suffisent. Notre article sur le plan lumière intérieur complète pour la continuité entre dedans et dehors.
À retenir
- Bas, dirigé vers le sol, 2 700 kelvins, peu de points, commandé par détecteurs et horloge.
- Gaines vers l'accès, la terrasse et le fond du jardin dès les terrassements.
- Extinction nocturne et pas de projecteur vers le ciel ni chez le voisin : la règle, et le bon goût.
Questions fréquentes
Faut-il éclairer toute la nuit pour la sécurité ?
Non, un détecteur de présence qui allume brusquement est plus dissuasif qu'un éclairage permanent, et respecte les règles d'extinction. Une caméra et un éclairage déclenché ensemble sont efficaces.
Quelle puissance pour un chemin d'accès ?
Des bornes LED de 3 à 6 watts tous les 3 à 4 mètres suffisent pour voir où l'on marche. Un éclairage extérieur bien conçu consomme moins qu'une ampoule intérieure.
Les luminaires extérieurs demandent-ils un permis ?
Non pour un éclairage privé courant. Un mât haut, un projecteur puissant ou l'éclairage d'une façade en site protégé peuvent être soumis au règlement communal.
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