Un mur de soutènement retient des terres qui poussent, en permanence, avec une force qui augmente avec le carré de la hauteur. Un mur de 2 mètres subit quatre fois la poussée d'un mur de 1 mètre, plus celle de l'eau si le drainage manque. C'est pourquoi un mur de plus d'un mètre se calcule, se fonde hors gel, se draine et s'autorise. Beaucoup de murs de jardin construits à l'économie penchent ou fissurent en dix ans. Voici comment faire durable, et ce que cela coûte.

Carminati Architecture, bureau basé à Delémont, région de pentes, conçoit des murs de soutènement dans la plupart des projets qu'il accompagne dans le Jura et en Suisse romande, avec des ingénieurs civils.

Les types de murs

TypeHauteur courantePrix au m² de mur vuAtouts et limites
Béton armé coulé en LJusqu'à 4 m et plus600 à 1 200 CHFLe plus fin et le plus fiable ; aspect brut ou habillé
Blocs béton empilés à emboîtementJusqu'à 2 à 3 m400 à 800 CHFRapide, sans coffrage ; aspect industriel
Gabions (cages métalliques remplies de pierres)Jusqu'à 3 m en terrasses400 à 900 CHFDrainant, végétalisable, épais ; grillage visible
Pierres sèches ou maçonnéesJusqu'à 1,5 à 2 m800 à 1 800 CHFTraditionnel jurassien, beau, drainant ; main-d'œuvre spécialisée
Blocs de pierre naturelle cyclopéensJusqu'à 2 m500 à 1 000 CHFNaturel, épais, nécessite une pelle mécanique
Traverses bois ou rondinsJusqu'à 1 m200 à 400 CHFÉconomique, 15 à 20 ans de durée de vie
Talus planté à 30 à 35 degrésToute hauteur avec place30 à 80 CHF/m² de surfaceLe moins cher et le plus naturel, si la place existe

Les prix incluent la fondation, le drainage et le remblai, mais varient beaucoup selon l'accès et le terrain. Un mur de 2 mètres sur 15 mètres en béton armé représente 20 000 à 35 000 CHF.

Le calcul et le drainage

Au-delà d'un mètre, l'ingénieur civil dimensionne le mur selon la nature des terres, la surcharge éventuelle, place de parc ou bâtiment en amont, et la présence d'eau. Le mur repose sur une fondation hors gel, à 80 centimètres au moins en Suisse romande, plus en altitude. Derrière le mur, une couche de gravier drainant avec un drain en pied, raccordé à un exutoire, évacue l'eau qui, sinon, doublerait la poussée en cas de fortes pluies et ferait éclater le mur au gel. Des barbacanes, trous traversants, complètent. Un mur sans drainage est un mur qui tombera.

Le permis

Les règlements communaux romands soumettent à autorisation les murs de soutènement au-delà d'une hauteur qui va de 80 centimètres à 1,50 mètre selon les communes, et les murs de toute hauteur en limite de propriété ou le long d'une route. La procédure est en général simplifiée, avec le calcul de l'ingénieur pour les murs importants. Les distances aux limites s'appliquent, souvent réduites ; un mur en limite exige l'accord du voisin, qui doit aussi accepter que le mur soutienne ou modifie son terrain. Un mur qui crée une plateforme change le terrain de référence pour la hauteur des bâtiments, ce que la commune surveille. Notre article sur les petites constructions et le permis résume les seuils, et celui sur la construction en pente situe les murs dans le projet.

Éviter le mur quand c'est possible

Un talus à 30 ou 35 degrés, planté de couvre-sols et d'arbustes, retient les terres sans structure et coûte dix fois moins qu'un mur. Il consomme de la place, environ 1,5 mètre de largeur par mètre de hauteur, et convient aux terrains généreux. Deux murs de 1 mètre en terrasses, avec une bande plantée entre eux, sont moins chers, moins imposants et souvent dispensés de permis, par rapport à un mur de 2 mètres. La conception des extérieurs, décrite dans notre article sur l'aménagement du jardin, cherche d'abord à réduire les murs.

L'aspect

Un mur en béton brut, coffré avec soin, est un choix contemporain assumé ; il peut être habillé de pierre, de bois ou végétalisé par des grimpantes. Les gabions et les pierres sèches s'intègrent dans les paysages ruraux et jurassiens, où les règlements les préfèrent parfois au béton apparent. La pierre sèche, savoir-faire inscrit au patrimoine, se justifie pour les murs visibles de faible hauteur. Dans les sites protégés, la commune peut imposer le matériau.

Sécurité

Un mur de plus d'un mètre en bord de terrasse ou de place doit être surmonté d'un garde-corps ou d'une plantation dense qui empêche la chute, selon la norme SIA 358. C'est une exigence du permis et de la responsabilité du propriétaire. Un mur en bord de route relève en outre des services cantonaux des routes pour la visibilité et la résistance.

À retenir

  • Au-delà d'un mètre : calcul d'ingénieur, fondation hors gel, drainage, permis.
  • 600 à 1 200 CHF/m² en béton armé ; le talus planté coûte dix fois moins.
  • Deux petits murs en terrasses valent mieux qu'un grand, en coût, en aspect et en procédure.

Questions fréquentes

Qui est responsable d'un mur en limite qui s'effondre ?

Le propriétaire du mur, envers son voisin et les tiers. Un mur mitoyen, construit d'un commun accord, engage les deux. D'où l'intérêt d'une convention écrite pour les murs en limite.

Peut-on construire un mur de soutènement soi-même ?

Jusqu'à 80 centimètres à 1 mètre, avec des blocs ou des traverses, une fondation et un drainage corrects, oui. Au-delà, le calcul et l'exécution relèvent de professionnels.

Un mur de soutènement est-il déductible fiscalement ?

Sa réparation ou son remplacement, comme entretien, oui. Sa création, comme investissement, non, mais elle s'ajoute au prix de revient du bien.

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