Le choix de l'isolant compte moins que l'épaisseur et la qualité de la pose. Mais il compte quand même, parce que chaque matériau a des points forts : le polystyrène est imbattable en prix sous un crépi de façade, la fibre de bois protège de la chaleur estivale sous un toit, la laine de roche résiste au feu là où c'est exigé. Voici un comparatif sans idéologie, matériau par matériau, pour placer le bon isolant au bon endroit.

Carminati Architecture, bureau basé à Delémont, prescrit ces matériaux dans les rénovations énergétiques qu'il accompagne en Suisse romande.

Le tableau comparatif

IsolantConductivité λ (W/mK)Épaisseur pour U = 0,20Prix indicatif au m² (20 cm)AtoutsLimites
Laine de verre0,032 à 0,04016 à 20 cm20 à 35 CHFBon marché, incombustible, souplePeu de masse, confort d'été limité
Laine de roche0,034 à 0,04017 à 20 cm25 à 45 CHFIncombustible, acoustique, densePlus lourde, un peu plus chère
Polystyrène expansé (PSE)0,031 à 0,03816 à 19 cm18 à 30 CHFLe moins cher, léger, façades compactesCombustible (traité), sensible aux rongeurs, pétrosourcé
Polyuréthane (PUR/PIR)0,022 à 0,02811 à 14 cm40 à 70 CHFLe plus performant, faible épaisseurCher, combustible, bilan écologique moyen
Fibre de bois0,038 à 0,04519 à 23 cm45 à 80 CHFConfort d'été, régule l'humidité, renouvelablePlus épais et plus cher
Cellulose soufflée0,038 à 0,04219 à 21 cm25 à 45 CHFRecyclée, remplit les cavités, bon confort d'étéNécessite un souffleur, tassement à contrôler

La conductivité λ (lambda) indique la capacité du matériau à laisser passer la chaleur : plus elle est basse, plus l'isolant est performant à épaisseur égale. Les prix correspondent au matériau seul ; la pose, les fixations et les finitions s'ajoutent.

Le bon isolant selon l'emplacement

Pour une façade compacte crépie, le PSE gris ou la laine de roche dominent. Le PSE gagne sur le prix, la laine de roche sur le feu et l'acoustique, ce qui la rend obligatoire au-delà d'une certaine hauteur de bâtiment. Pour une façade ventilée, la laine minérale ou la fibre de bois en panneaux. Pour la toiture, entre chevrons, laine minérale ou fibre de bois, cette dernière apportant un vrai déphasage estival : la chaleur met huit à douze heures à traverser, ce qui garde les combles vivables lors des canicules. Pour les combles perdus, la cellulose ou la laine soufflée. Pour le plafond de cave, panneaux de laine minérale ou de PSE. Et là où chaque centimètre compte, sous une dalle basse ou dans une toiture plate, le polyuréthane.

Le confort d'été, argument montant

Avec des étés de plus en plus chauds, la capacité d'un isolant à retarder l'entrée de la chaleur devient un critère à part entière. Elle dépend de sa densité et de sa chaleur spécifique. Les isolants végétaux, fibre de bois et cellulose, y excellent ; les laines minérales légères et le PSE sont médiocres sur ce point. Sous un toit exposé au sud ou dans des combles aménagés, ce critère peut justifier le surcoût de la fibre de bois.

Écologie et santé

Le bilan écologique tient compte de l'énergie grise de fabrication, de la ressource et de la fin de vie. La cellulose, issue de papier recyclé, et la fibre de bois sont en tête ; les laines minérales sont recyclables et peu énergivores ; le PSE et le PUR, dérivés du pétrole, ferment la marche mais restent défendables par leur durée de vie et leur efficacité. Aucun de ces matériaux ne pose de problème sanitaire une fois posé, à condition de respecter les protections lors de la mise en œuvre pour les fibres.

Ce qui compte plus que le matériau

L'épaisseur, la continuité et l'étanchéité à l'air. Un excellent isolant mal posé, avec des vides et des jonctions ouvertes, perd la moitié de son efficacité. Notre article sur l'épaisseur d'isolation donne les valeurs à viser, et celui sur l'étanchéité à l'air explique comment la vérifier.

À retenir

  • PSE ou laine de roche pour les façades, fibre de bois ou laine minérale pour le toit, cellulose pour les combles perdus.
  • La fibre de bois justifie son prix par le confort d'été sous toiture.
  • La pose compte plus que le matériau : continuité et étanchéité avant tout.

Questions fréquentes

Les isolants naturels sont-ils subventionnés davantage ?

En général non : les subventions dépendent de la valeur U atteinte, pas du matériau. Quelques communes accordent un bonus pour les matériaux biosourcés.

Le PSE attire-t-il vraiment les rongeurs et les oiseaux ?

Les piverts et certains rongeurs peuvent l'attaquer s'ils y accèdent. Un enduit armé bien exécuté et une protection au pied du mur règlent le problème dans la quasi-totalité des cas.

Quelle durée de vie pour un isolant ?

Cinquante ans et plus pour tous les matériaux cités, à condition qu'ils restent secs. L'humidité est le seul vrai ennemi de l'isolation.

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